4667753_reynie-ok-new_545x460_autocropRévélations. Dans un second courrier adressé à Nicolas Sarkozy ce 27 octobre, Jean-Pierre Grand, sénateur LR de l’Hérault,  réclame, documents à l’appui, de « mettre un terme » à la candidature de Dominique Reynié, tête de liste des Républicains aux élections régionales en Languedoc-Roussillon-Midi Pyrénées.

Cette lettre et ces documents – deux lettres adressés à Reynié par son propre avocat, Maître Jérôme Jeanjan – que Valeurs actuelles s’est procuré, témoigne, selon lui, des « solutions (mises en œuvre par Reynié) pour régulariser à postériori sa situation qui s’apparentent au manuel du « parfait petit fraudeur » ».

Alors que Reynié affirmait, lors de son intronisation, louer « depuis toujours » un appartement à Onet-le-Château, il avait été contraint de reconnaître qu’il ne s’agissait, en réalité, que de la location d’une chambre individuelle au domicile de sa mère.

Or cette domiciliation pose à son tour deux problèmes juridiques :

  • Une domiciliation hors-délais légaux. Contracté depuis le 1er mars 2015, son bail a été signé postérieurement à la date limite d’inscription sur les fichiers fiscaux fixée au 1er janvier 2015 par le code électoral.
  • Un bail antidaté. Dans une lettre de son avocat en date du 12 mai 2015 faisant suite aux interrogations de Reynié « sur la légalité de (son) inscription sur la liste électorale de la commune d’Onet le Château » et« sur le risque d’être radié de cette liste électorale », Maître Jeanjean préconise comme « solution » : « il conviendrait que vous soyez titulaire d’un bail à Onet le Château, puis que vous dénonciez ce bail auprès des services fiscaux afin d’être inscrit au rôle des contributions directes ». Vous devez « conclure un bail d’habitation à Onet-le-Château », insiste-il encore dans un nouveau courrier daté du lendemain 13 mai. Ce qui signifie qu’à cette date, Reynié n’était pas titulaire d’un bail ! Deux mois et demi APRES celui signé avec sa mère…

L’avocat prévient en outre : « il existe un risque de radiation de la liste électorale d’Onet le Château. »

Lorsque Jean-Pierre Grand, dans sa lettre à Sarkozy, dénonce, dans les courriers de l’avocat de Reynié un« manuel du parfait petit fraudeur », il fait en outre référence aux multiples autres « solutions » préconisés par ce dernier pour crédibiliser la domiciliation dans sa terre d’élection du candidat vivant, travaillant et payant ses impôts à Paris. Exemples : « ouvrir un compte EDF au nom du candidat ou mettre le compte EDF existant au nom du candidat »« faire basculer l’intégralité de la correspondance à l’adresse d’Onet-le-Château en effectuant la démarche auprès des services de la Poste pour le changement d’adresse »« domicilier le compte bancaire dans une agence proche d’Onet-le-Château » etc. Jusqu’à « conserver des tickets de caisse pour des achats courants effectués à proximité d’Onet-le-Château »

Contesté dans son propre camp, désormais distancé par le FN dans les sondages, au point que Jean-Pierre Grand assure que la région « est menacée d’être conquise par le Front national », le politologue désigné tête de liste en région Languedoc Roussillon-Midi-Pyrénées à la surprise générale est aussi lâché par plusieurs élus de l’UDI.

Valeurs actuelles peut révéler que l’un d’eux s’est adressé « à titre amical » à un Conseiller d’Etat au sujet de l’éligibilité de Reynié. Conclusions, entre autres, de celui-ci : « il est évident que D.R. (Dominique Reynié) n’est pas domicilié au sens civil du terme, dans la région », « l’inscription sur la liste électorale est douteuse », « le bail fait sur Onet entre D.R. et sa mère (…) n’a jamais été enregistré auprès des services des impôts ».

Officiellement saisi du dossier, et ayant reçu via Jean-Pierre Grand, toutes les lettres des avocats, Nicolas Sarkozy va devoir trancher. En président de parti et en avocat.